Ou comment j'ai foiré mon allaitement

27 octobre

Un bon mois et demi d'absence plus tard, me revoilà. Beaucoup de changement dans notre petite vie tranquille. En plus d'un appartement enfin rénové, Mininous est né le 7 octobre tôt le matin. Je ne compte pas raconter mon accouchement, ça reste quelque chose de très personnel, mais j'ai eu beaucoup de chance : pour un premier enfant ça a été très vite! Tellement, que je n'ai même pas eu droit à la péridurale. Je suis arrivée à 6 et le temps de marcher le long du couloir j'étais à 8.

Explosion d'hormones, de bonheur. 


Au retour dans notre chambre. Quelques heures de vie... Le début d'une nouvelle... 
Beaucoup de mal à réaliser le premier jour.
Surtout que j'ai très mal vécu mon séjour à la maternité. Se retrouver seule, sans son amoureux, avec un bébé qu'on ne sait pas encore comprendre, c'est violent. J'ai pleuré je ne sais combien de fois par jour. Je n'étais apaisé que par les visites du chéri et son départ le soir était un drame.

J'ai toujours voulu allaiter, c'était une évidence pour moi depuis des années. J'idéalisais ça, j'y tenais énormément.

Mininous est né avec un frein de langue trop avancé; du coup il avait la langue en coeur. Ce qui fait qu'il n'a pas réussi à prendre le sein. L'équipe médicale a voulu attendre deux petits jours pour voir si ça le gênait vraiment pour téter. Du coup, pour qu'il reprenne du poids (c'est le leit motiv ça pendant ces 4 jours...) on lui a filé des compléments de lait artificiel en biberon.

Forcément, bébé n'arrive pas à téter alors on lui colle un truc encore plus facile à prendre. Admettons, on ne va pas le laisser mourir de faim hein, faut pas être borné non plus. Parce que du coup, il réclamait non stop et n'étais jamais rassasié.
On a fini par lui couper. Je n'ai pas pu l'accompagner et personne ne m'a demandé. Mais ça c'est autre chose.

Entre temps, quasiment toutes les sage-femmes et auxiliaires puer sont passées sur mes seins. Elles ont toutes décréter que Mininous devait prendre le sein, qu'il fallait s'acharner. Moi j'étais partante; puis j'étais aussi un peu beaucoup dans le pâté (plus de 24h debout avec un accouchement entre deux) donc j'ai suivi le mouvement.
Certaines se sont acharnées sur lui à le coller au sein, malgré ses colères noires. Il refusait tout simplement. Je finissais en pleurs. Et je n'ai pas su dire stop. Je n'étais qu'un sein sur le moment, c'est tout.
C'est moi qui ai du réclamer un tire lait pour pouvoir l'allaiter. Ce n'étais pas du tout comme ça dans mon idée mais c'était mieux que rien. Peut importe si biberon ou sein, l'essentiel était de lui donner mon lait.

J'ai a peu près réussi à gérer comme ça. J'ai eu une super montée de lait (et une belle nuit blanche car Mininous était tout excité!) et viens le jour de ma sortie...

Je demandais chaque jour quand est-ce que je pourrai sortir (à peine pressée de retrouver mon chez moi!) histoire de pouvoir m'organiser. J'ai su le samedi soir que je pourrai sortir le lendemain. Un dimanche donc...
Et avec ça, demmerde toi pour louer un tire lait tiens! J'ai donc envoyé super-chéri dans une pharmacie pour trouver un tire lait manuel histoire de pouvoir tenir jusqu'au lundi... Et ça a été une cata : ça tirais beaucoup moins bien qu'un électrique, je me suis épuisée à le faire et ça ne suffisait pas.

J'ai persévéré une bonne semaine en plus, en louant un électrique (d'ailleurs, c'est Medela ou rien les filles hein. J'ai eu un Kittet, au début, c'était comme pisser dans un violon). Et puis je me suis laissé submergée.
Je tirais beaucoup moins en quantité malgré le temps que je consacrais à jouer à la vachette. Et j'ai finis par ne plus rien avoir.

Maintenant je fais le "deuil" au fur et à mesure de cet allaitement peut être trop idéalisé. J'ai quand même eu des conseils en or dans ma maternité. Mais certaines filles étaient affreuses. Y'a pas d'autre mot. Surtout lors de ma première journée, je me suis fais littéralement pourrir car je n'avais pas changé la couche comme il fallait je crois. Mon cerveau a du se mettre en pause tout seul. Alors qu'on m'apprenne c'est volontiers hein, mais je ne suis pas du poisson pourri, je n'ai pas eu d'enfant avant donc je ne gère absolument pas (et j'étais déjà assez chamboulé hein).

Je ne suis pas sûre de vouloir allaiter pour notre prochain enfant. C'est encore beaucoup trop récent pour moi et j'en garde de très mauvais souvenirs. Encore maintenant, je suis "paralysée" quand il hurle avec ses coliques : ça me rappelle ses crises lorsqu'il refusait mon sein. Je me suis sentie comme rejetée par mon propre fils.
Avec le recul ça commence à aller mieux.

J'aimerai bien avoir des témoignages sur un allaitement difficile/impossible. Histoire de voir que je ne suis pas seule et que j'ai fais ce qu'il fallait...

Mais sinon, j'ai fêtée la fin de cet allaitement chaotique vendredi soir avec une bière et les copains. Et ça, ça a fait du bien ♥.

J'espère réussir à me dégager du temps le matin pour passer plus souvent ici. Histoire de marquer mes sentiments et garder des souvenirs. J'ai pas mal d'idées aussi donc à voir si j'arrive à m'organiser :) ! 

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18 commentaire(s)

  1. Ton billet me fait tout mal au coeur pour toi ♥ Déjà que j'ai les hormones qui débordent mais là je pleurerais bien un coup avec toi tellement je trouve ça nul, la façon dont tu as été traitée :(
    Les papas ne peuvent pas rester là où tu as accouché ? Je me connais tellement bien que j'ai toujours dit à mon mari que le jour où on aurait un enfant, il logerait avec moi à la maternité. Je pense que sinon je vivrais nos séparations comme un déchirement, comme toi.
    C'est nul que ça ai si mal démarré ... je ne vous souhaite que du mieux à tous les trois ♥

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    1. ♥♥
      Non, les papa ne peuvent pas rester... J'ai pas arrêtée de répéter que ce n'est pas normal. La découverte d'un bébé (surtout du premier) devrait se faire à deux. Il n'a même pas pu être là pour le premier bain. J'ai du tout lui montrer une fois à la maison, ça casse son charme et on n'investi pas assez les papas là dedans. Alors que c'est très important...

      On y survit, mais c'est vrai que ça a été très dur pour moi: j'espère que lorsque ce sera ton tour, il pourra rester à tes côtés ♥

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    2. C'est tellement débile ! Et le coup du bain, raaaah. Non mais à quoi ça sert d'exclure les papas comme ça ?
      Je m'étais bien renseignée et chez nous tout est prévu pour le papa. Il aura un lit presque confortable, possibilité d'avoir les repas (même si je pense qu'il préfèrera s'en passer :D) et sera impliqué dans tous les soins. J'espère que ce sera aussi bien en vrai que sur papier :)

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    3. Cela dépend bcp des maternités, on dit souvent que dans le privé c'est mieux, pourtant j'ai accouché à l'hôpital et mon conjoint à pu être là 24h/24. Le seul moment où il s'est absenté c'était pour aller faire la déclaration de naissance. Comme quoi parfois c'est prévu et d'autres fois non et c'est bien dommage surtout pour les nouveaux parents.

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  2. Bonjour,

    J'ai eu mon garçon en 2013 et j'ai également très mal vécu mon séjour en maternité (mari pas présent, sages femme odieuse et obsédées par la prise de poids du bébé). elles m'ont mis sous complément assez vite car mon fils ne prenait pas de poids (j'ai juste eu une montée de lait tardive..) J'ai aussi pas mal idéalisé l'allaitement, je tenais absolument à faire de l'exclusif mais j'ai réussi à faire du mixte quelques mois. Je pense que le personnel hospitalier n'est vraiment pas formé pour les mamans allaitantes et sont parfois horriblement maladroite, sans compter la chute d'hormone qui n'est pas absolument pas pris en compte ! Dans tous les cas, n'hésite pas à faire un courrier et même si tu n'as pas de réponse, même si tu fonds en larmes après l'avoir écrit, ça te soulagera. Ca a été mon cas. Sinon ,j'ai des amies qui n'ont pas eu un allaitement super pour le premier et idéal pour le deuxième, ne perds pas espoir, chaque bébé est different.
    J'ai fait ma curieuse sur twitter et as-tu essayer le lait bio ? J'ai donné les premier temps du gallia et je suis passée assez rapidement à du hipp.

    Bon courage dans tout le cas

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    1. Elles ne sont (pour la plupart) absolument pas formées... Elle ne prenne pas en compte nos désirs/besoins, c'est le poids avant tout, faut bourrer bébé. Quitte à rester une journée de plus à la mater, j'aurai survécu si ça a avait était fait avec plus de douceur...

      Tu m'as mentionné sur Twitter?! Il a du me manger la notif...
      Non je n'ai pas tenté le lait bio. Tu as changé toi seule? A la base il a du Nidal et la pédiatre m'a fait passer au Modilac riz. Je dois la voir cette aprem parce que ça ne va pas du tout (RGO?) ... A suivre...

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    2. Il m'ont fait resté une journée de plus pour ça. LE BAD!! Exactement, la douceur n'est vraiment pas leur fort alors que l'on est absolument perdu, pas besoin d'être engueuler, on apprends !!
      Je n'ai t;'as pas mentionné, c'est ton article qui a fait que je suis sortie de mon silence :$. Je viens de te mentionner pour autre chose mais je suis en privée donc je ne sais pas si tu as la notif.

      Oui, j'ai fait ca seule. Je sevrais mon fils et je n'avais plus besoin de lait en relais avec l'allaitement et je voulais quelque chose de plus naturel. Il s'avère que le hipp pouvait se prendre en relais.. (si j'avais su x__x)

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    3. C'est quoi ton pseudo Twitter ? :)

      Je vais noter le nom du lait, je vais voir selon ce que me dis la pédiatre, mais en plus de tout ce merdier avec mon allaitement foutu en l'air, ça va pas du tout le lait actuel :(

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    4. idem que le nom du blog :)

      Après l'avoir choisi, mon médecin trouva ça bien (sa fille le prenait étant bébé) et il est assez pour les trucs naturels. Tu verras bien.

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  3. Tout ça me rappelle des souvenirs... même si finalement j'ai réussi à tirer mon lait pendant presque 6 mois (j'en parle un peu ici : https://mesenfantsetchats.wordpress.com/2012/11/05/sein-biberon-allaitement-mixte-et-tire-allaitement/), le deuil de l'allaitement n'est pas complètement fait. L'impression très nette de maltraiter mon bébé quand les puéricultrices voulaient le maintenir éveillé parce que c'était l'heure, alors qu'il dormait, m'a fait jeter l'éponge un peu vite. Et pour n°2 qui arrive bientôt, l'incertitude sur ma capacité à allaiter reste ma première angoisse.

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    1. Courage courage... Je ne sais pas comment je vais réagir si bb2... J'espère que le temps saura faire son effet et qu'elles seront plus douces avec toi pour n°2 ♥ ...

      "L'impression très nette de maltraiter mon bébé quand les puéricultrices voulaient le maintenir éveillé parce que c'était l'heure, alors qu'il dormait, m'a fait jeter l'éponge un peu vite."
      Je me retrouve exactement dans ce que tu dis! Le maintenir éveillé, lui pincer les cuisses, le réveiller toutes les 3h etc etc... Pfffff </3 ...

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  4. Je ne commente que rarement mais voici mon parcours. Je suis la maman d'un petit garçon d'un mois et demi. Je voulais depuis toujours allaiter. Le début a ete difficile, il a dormi les deux premiers jours et ne mangeait pas. Régulièrement, une puéricultrice venait pour le réveiller et le mettre au sein (deshabillez le pour qu'il ait froid, ça le réveillera...). Au troisième jour, il a commencé à manger. Et j'avais horriblement mal. Vraiment. A chaque fois que je m'en plaignais, on m'a dit que c'était normal. Contre l'avis du personnel médical, j'ai utilisé des bouts de sein en silicone la troisième nuit. J'avais toujours très mal, mais ça limitait un peu, me permettant de nourrir mon bébé. Après ma sortie, j'ai vu mon medecin. Pour lui également c'était normal que j'ai mal, ça passerait. J'ai donc supporté. Après 3 semaines, j'ai contacté ma sage femme en urgence. Je n'en pouvais plus, je manquais de tomber dans les pommes a chaque tétée et redoutait les réveils de mon fils. Je te passe tous les détails, mais a partir de la, j'ai contacté une conseillère en allaitement. En fait, j'ai cumulé une candidose (traitée au violet de gentiane), puis une mastite et une infection. Et mon bébé n'ouvre pas assez sa bouche. Depuis 1 semaine, mon fils ne prend plus le sein, mais boit mon lait au biberon. Je tire donc mon lait. Je complete un biberon par jour de lait artificiel. Et psychologiquement, même si j'ai l'impression d'avoir raté mon allaitement, ça va mieux, je n'ai plus peur de nourrir mon fils. Et lui n'a plus de coliques! En tout cas, on devrait mieux former le personnel médical, je pense que j'aurais pu être aidée, soignée plus tôt et qu'on aurait pu trouver des solutions... Pour le prochain, je me rapprocherais d'une personne compétente avant d'accoucher !

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    1. Bon Ben j'ai parlé trop vite. Ils ont trouvé aujourd'hui des staphylocoques dorés dans mon lait... la galère continue donc....

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    2. Mon dieu quel parcours...

      Comment ça va là? Ils ont fait quoi du coup pour te soulager? Tu peux quand même tirer ton lait?
      Courage ♥

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    3. J'ai droit a 12 jours d'antibiotiques... j'ai du tirer mon lait et le jeter pendant 4 jours, j'ai maintenant le droit de lui redonner mon lait mais j'ai toujours aussi mal... A suivre donc.

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  5. Bonsoir,

    ton article me parle tellement ... J'ai accouché en juin 2014, et mon allaitement a été désastreux ... J'en ai pleuré, pleuré, je m'en suis voulue ... J'ai tout essayé car je voulais allaiter ... J'ai réussi à faire mon deuil de cet allaitement que très tard, genre 6 mois après ...
    Je te mets en lien mon article sur le sujet, écrit à chaud en aout 2014 http://eilema-sweirdlife.publicoton.fr/mon-allaitement-cet-echec-383278

    Bonne soirée

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    1. Je file lire ton article!
      En tout cas, ça fait plaisir de voir que je ne suis pas seule :* ♥

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  6. Ma soeur voulait vraiment allaiter mais elle n'avait pas assez de lait. Je n'ai jamais voulu allaiter pour aria et encore maintenant je ne le regrette pas, quand je vois des femmes allaiter ça ne me donne pas du tout envie mais je peux comprendre par contre leur envie. Avec cedric on a partagé les biberons et on n'a jamais eu de souci c'était vraiment idyllique mais si elle avait eu des RGO ou d'autres soucis ça aurait été différents. Et rien ne dit que pour le 2ème se sera aussi facile. Je te souhaite pour un éventuel deuxième que tout se passe bien et que tu puisses allaiter, afin de vraiment faire le deuil de l'allaitement de Romain et que tu puisses vivre ça sereinement.
    Plein de bisous

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