Ne fais confiance à personne - Paul Cleave

27 nov. 2017


Résumé :

"Il y a pire que de tuer quelqu’un : ne pas savoir si on l’a tué.

Les auteurs de thrillers ne sont pas des personnes très fréquentables. Ils jouent du plaisir que nous avons à lire d’abominables histoires, de notre appétit pour des énigmes qui le plus souvent baignent dans le sang. Nous ne sommes pas très raisonnables. Ce jeu dangereux peut parfois prendre des proportions inquiétantes. Leurs ouvrages peuvent nous donner des idées regrettables, favoriser un passage à l’acte aux conséquences funestes. Eux les premiers, qui pensent connaître toutes les ficelles du crime parfait, ne sont pas à l’abri de faire de leurs fictions une réalité. Prenez par exemple Jerry Grey, ce célèbre romancier, qui ne sait plus très bien aujourd’hui où il en est. À force d’inventer des meurtres plus ingénieux les uns que les autres, n’aurait-il pas fini par succomber à la tentation ? Dans cette institution où on le traite pour un alzheimer précoce, Jerry réalise que la trame de son existence comporte quelques inquiétants trous noirs. Est-ce dans ses moments de lucidité ou dans ses moments de démence qu’il est persuadé d’avoir commis des crimes ? Quand la police commence à soupçonner les histoires de Jerry d’être inspirées de faits réels, l’étau commence à se resserrer. Mais, comme à son habitude, la vérité se révèlera bien différente et bien plus effroyable que ce que tous ont pu imaginer !"

Il y a des habitudes que je ne souhaite pas changer et que je savoure : regarder le magasine de la santé le vendredi pour y retrouver Gérard Collard et ses livres. Je tombe souvent sur des pépites en écoutant ses conseils de passionné et ce livre est issu de l'une de ses chroniques.

Jerry Grey est un auteur de polars à succès qu'il publie sous le nom de Henry Cutter. Une réussite totale : une belle maison, une femme et une fille. Mais à 49 ans, Alzheimer lui tombe dessus et la maladie n'attend pas pour lui faire confondre fiction et réalité.
Le roman commence très vite : nous sommes avec Jerry au commissariat entrain de parler du meurtre de Suzan (avec un Z) face à une inspectrice. Au fur et à mesure de la discussion il se rend compte que cette femme est simplement sa fille, Eva, qui est venu pour le ramener dans la maison de santé dont il s'est enfui. Comment en est-il arrivé là? Où est sa femme? Pourquoi une maison de santé? Nous plongeons au fur et à mesure dans le cerveau rongé par la maladie de Jerry...

Paul Cleave joue avec nous et il le fait très bien! On se perd aussi facilement que Jerry, les trous de mémoire sont de plus en plus présents. Le lecteur commence à perdre le fil et se demande à quel moment la réalité dépasse la fiction. Et si cette réalité avait été modifiée par la maladie? Dans quelles proportions? L'intrigue est fabuleuse et le fait d'intégrer cette maladie rajoute un malaise supplémentaire.
Alzheimer évolue et n’épargne pas le personnage principal, dont les crises vont s'accentuer au fur et à mesure tandis que l'intrigue devient de plus en plus sombre. On ne sait plus à qui se raccrocher : Jerry? Henry? Les chapitres sont courts et chaque page remet une certitude acquise récemment en doute pour rajouter encore un peu plus de trou noir.


Outre ce thriller machiavélique très bien mené, j'ai énormément apprécié que l'on parle des difficultés rencontrées lorsqu'un proche est atteint d'Alzheimer. Les aidants sont rarement pris en compte (ou pas assez) et les répercussions de cette maladie peuvent vite prendre de grandes proportions. Une usure morale arrive vite et la famille de Jerry ne va pas y échapper et devra traverser plusieurs phases.

C'était la première fois que je lisais un livre de cet auteur et ce qui m'a frappé, c'est la présence délicate et addictive d'un humour noir bien maîtrisé! Je vais donc me pencher rapidement sur la bibliographie de Paul Cleave afin de rajouter des livres sur ma PAL!



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2 commentaires:

  1. Aaaah je veux le lire, je veux le lire, je veux le lire !
    S'il est encore sur le présentoir de la bibliothèque demain, je le choppe ! :D

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